GRAMMAIRE AU CE1 : NE PLUS CONFONDRE NATURE ET FONCTION

Quelle que soit votre programmation pour l’année, il arrive forcément un moment où les concepts deviennent confus dans la tête de certains élèves. Je vous livre ici une astuce simple et ludique pour résoudre ce problème.


La confusion entre nature et fonction au sein de la phrase est un phénomène auquel de nombreux enseignants doivent faire face. Et c’est normal car c’est un vrai casse-tête. Je vais tenter dans cet article d’expliquer en quoi le problème peut paraître insoluble, comment y remédier de façon simple, et pour ce faire, je vous proposerai des outils prêts à l’emploi, ou à remanier selon vos désirs. N’hésitez surtout pas à demander !

Confusion entre nature et fonction

Le casse-tête

Il y a quelques dizaines d’années, les programmations de grammaire allaient plutôt dans le sens du plus grand au plus petit, c’est-à-dire qu’on partait de l’unité phrase pour ensuite « redescendre » vers le mot. Mais…

— Premier problème, il faut parallèlement travailler l’orthographe grammaticale (les accords, les homophones grammaticaux etc), ce qui oblige à savoir identifier les catégories de mots (leur nature). On travaille donc sur deux plans en même temps, ce qui peut expliquer le grand mélange des genres dans l’esprit de certains élèves.

— Il y a d’autre part un grave élément perturbateur : c’est le verbe. En effet, le verbe de la phrase constituant un groupe (donc la fonction), contient la plupart du temps un seul mot portant le même nom. On y pense rarement car pour nous adultes, tout ça est intégré. Mais essayez un instant de vous mettre à la place d’un jeune enfant qui découvre la grammaire : il n’y a pas là de quoi s’y perdre ?

Le choix d’une programmation descendante ne serait donc pas la bonne solution. Oui mais…

Le choix de la programmation

Avant de rédiger cet article, je me suis penchée sur les choix effectués par les collègues, en allant voir les nombreux blogs actifs. Et là, j’ai constaté comme la tendance s’est nettement inversée, ce que je me suis vu confirmer en consultant les manuels récents. Aujourd’hui, on pratique majoritairement une programmation montante, qui part du mot (donc de la nature) pour terminer sur les groupes (la fonction).

À priori, ça peut sembler logique, en référence à ce que je viens d’évoquer plus haut. D’autant, me direz-vous, que c’est ce qui est préconisé dans les programmes. Soit ! Mais désolée, je reste sceptique, plusieurs choses me gênent dans cette dynamique.

— Question : qu’est-ce exactement que la grammaire ? Selon Wikipédia, « La grammaire étudie les règles qui régissent une langue donnée et permettent de construire des énoncés reconnus corrects par les locuteurs natifs de cette langue. » Comme on le voit, cette définition met en avant l’aspect syntaxique de la grammaire. Autrement dit, on a d’abord une vue globale de la phrase, avant de la scinder en éléments distincts. Ceci confirme que la programmation descendante est axée sur la syntaxe, qui favorise l’expression, donc le langage, tandis que la programmation montante met plus l’accent sur l’orthographe.

Attention, je ne dis pas que l’orthographe n’est pas importante (oh que non!). Simplement on se retrouve ici dans la même problématique que pour l’apprentissage de la lecture (voir mon article à ce propos ici).

 On formate les élèves à restreindre leur champ de vision, à tout segmenter, et ensuite on rame (surtout on les fait ramer) pour les amener à une vision plus synthétique, une vision qui prend en compte l’ensemble des éléments et permet d’en tirer parti pour une meilleure analyse.

L’avantage d’une programmation descendante est qu’elle fait fonctionner les deux formes d’esprit en même temps : l’analytique et le synthétique. Car on n’est jamais l’un ou l’autre. On a chacun ses prédominants, mais en nier un au profit de l’autre ma paraît préjudiciable au développement des diverses compétences.

— Même avec une programmation montante, le problème de la confusion nature/fonction apparaît de toute façon à un moment ou à un autre. On en retarde l’échéance, mais rien de plus !

Conclusion : le casse-tête n’est pas résolu. Alors comment faire ? Quelle que soit votre préférence au niveau de la programmation, il faut trouver un moyen qui aidera les élèves à se repérer dans cet embrouillamini.

Symboliser la notion de phrase

Je me suis évidemment penchée sur la question devant les interrogations des enseignants confrontés à ce problème. Voilà comment je m’y étais prise quand j’avais des CM2 :

Affiche d’une phrase type et de ses différents éléments

J’avais élaboré une grande affiche bien visible que j’avais punaisée au dessus du tableau. Plutôt que de partir dans de longues explications, je vous en donne un exemple ci-dessous.

Ma phrase d’exemple était plus complexe que celle-ci car j’y avais inséré toutes les extensions du NC, même la proposition relative. Le but était bien de montrer la différence entre nature et fonction, et surtout d’avoir en permanence une vision globale de la phrase. En fonction de ce qui était travaillé, je démarrais toujours la séance en expliquant à quel niveau on se situait : soit on étudiait les groupes (la fonction), soit on allait voir à l’intérieur, en se penchant sur les éléments des groupes et leurs interactions. Deux autres affiches synthétisaient l’ensemble, sur le modèle de celles-ci (plus complètes évidemment, avec des CM).

Ça fonctionnait plutôt bien, c’est pourquoi je me suis demandé comment transposer l’idée au CE1, avec quelque chose de plus symbolique et de plus ludique.

La phrase est un petit train tirant ses wagons.

C’est l’image qui m’est venue instantanément : les wagons sont les groupes de la phrase et les voyageurs sont représentés par les mots à l’intérieur des wagons. On voit clairement ici qu’un voyageur (par exemple un NC) peut entrer dans différents wagons.

On peut expliquer aux enfants que les voyageurs sont toujours ce qu’ils sont : un homme ou une femme, brun(e), blond(e), petit(e) ou costaud(e), quel que soit le wagon dans lequel ils montent.

Je vous propose une affiche pour votre classe, comme celle-ci :

Les voyageurs ont tous une valise étiquetée à leur nature, posée sur le toit du wagon. En fonction du genre du mot, le bagage n’a pas la même couleur.

Par contre, le fichier à télécharger est en noir et blanc car les codes couleurs peuvent être complètement différents dans votre classe. Vous allez donc devoir passer par la mise en couleurs manuelle avant de punaiser le tout. Je peux aussi vous la faire avec vos codes, sur demande, ça ne réclamera pas trop de travail. Il suffira que vous me disiez avec quel modèle vous souhaitez votre affiche.

Autre solution, j’ai préparé des fichiers avec différents modèles de trains et de valises à utiliser selon vos goûts, pour construire votre propre phrase.

Enfin, wagons et bagages peuvent être photocopiés isolément pour former de grandes cartes plastifiées (format A3), sur lesquelles vous pourrez écrire ou faire écrire quand vous travaillerez sur les groupes. Un article paraîtra prochainement à ce sujet.

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